[Un an après] Agriculture-pêche : Mise sous perfusion d’un modèle à bout de souffle
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La commission pêche, agriculture, agroalimentaire n’existait pas au précédent mandat avec ces contours-ci. Force est de constater que son existence se justifie pleinement. Témoignage de Christophe DOUGÉ, membre de cette commission.

 

Cette première année de mandat régional a malheureusement été émaillée par les crises agricoles successives (baisse des prix, météorologie atypique). Celles-ci ont justifié la mise en place d’un plan d’urgence de l’agriculture par la majorité. Si les principales mesures annoncées répondaient à l’urgence, ce n’était pas le cas de toutes : je pense notamment aux aides à la modernisation des bâtiments d’élevage (PCAE) qui maintiennent sous perfusion un modèle agricole à bout de souffle, incitent à investir – et donc s’endetter –  dans un modèle qui s’est avéré être une impasse.

L’année 2016 aura aussi été marquée par un boom de la conversion à l’agriculture biologique avec 23 000 ha en Pays de la Loire, plus de deux fois les prévisions espérées ! Ce changement de paradigme, engagé dès 2015 et qui se poursuit en 2017 est sans précédent. Il va nécessiter toute la vigilance des écologistes pour qu’il soit justement accompagné par le Conseil régional dans l’attribution des fonds européens et des cofinancements nationaux de l’Etat et de l’Agence de l’Eau.

La mytiliculturerégionale a bénéficié aussi d’un plan d’urgence en raison de la crise de mortalité subie ces deux dernières années. Je regrette les lourdeurs administratives et financières pour l’octroi des aides qui ont tardé à être versées.

Un plan de compétitivité de l’agroalimentaire régional a été adopté fin 2016, après une série de tables rondes par filière agricole. Ce plan nous a laissé sur notre « faim » car il a oublié la dimension territoriale. Bruno RETAILLEAU qui se dit proche des territoires, très enclin pour offrir un guichet aux collectivités et à saupoudrer par-ci par-là (le Pacte pour la ruralité de juin, les nouveaux contrats territoriaux de décembre), omet ainsi de traiter l’agriculture au plus près des enjeux du terrain, de lui offrir une occasion unique de réunir deux mondes : l’agriculteur et le consommateur, qui se sont éloignés l’un de l’autre ces trente dernières années.

Autre paradoxe, Bruno RETAILLEAU qui prône la rigueur budgétaire au Conseil régional, arrose depuis le début de son mandat l’industrie agroalimentaire sans discernement à coup de centaines de milliers d’euros. En un an, ce sont plus de 1,5 millions d’euros qui ont été offerts à des entreprises dont le retour sur investissements aurait plus justifié des prêts ou des avances remboursables. L’ouverture des vannes a commencé par une subvention de 390 000 euros pour une étude sur la fragilité des biscottes !

L’action d’un élu écologiste en minorité dans une telle commission, c’est de garder le cap d’une politique agricole respectueuse de notre environnement, de notre santé, de nos paysans et en faveur d’une alimentation de qualité. Voilà ce qui anime notre action et nos choix de vote pour l’attribution des aides régionales. Les débats et les échanges au sein de la commission pêche-agriculture sont de qualité et d’une grande bienveillance entre les élu-es qui la composent, avec une volonté commune d’œuvrer pour l’agriculture régionale, et ce malgré nos différences.

 

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