[Un an après] Culture, sport, vie associative : des voyants au rouge !
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Bruno RETAILLEAU s’était engagé à maintenir le budget « culture ». Promesse tenue. On ne peut pas en dire autant pour le sport. Notre vigilance s’est focalisée sur les choix de la nouvelle majorité, particulièrement idéologiques sur le volet culture : à budget constant, la politique menée tend au virage à 180°. Lucie ETONNO suit les dossiers de cette commission pour le groupe, en lien avec un groupe de travail thématique.

 

Ce groupe de travail a vocation à enrichir notre réflexion, à fédérer les expertises volontaires autour des thématiques de la culture, du sport et de la vie associative et à nous éclairer dans nos votes. Si vous souhaitez participer à ce groupe de travail, merci de vous manifester par mail à melodie.proust@paysdelaloire.fr.

Des outils de concertation quasi au point mort

Au cours des précédents mandats, une dynamique de concertation s’était créée avec la Conférence Régionale Consultative de la Culture (CRCC) et la Conférence Régionale Consultative du Sport (CRCS). Très vite, nous avons souligné l’importance pour la nouvelle majorité de se saisir de ces outils en poursuivant l’animation. Ces deux dispositifs permettaient de positionner la Région comme véritable « chef de file » de la structuration de l’offre culturelle et sportive sur les territoires, ce qui conférait à la Région une toute autre dimension que le simple rôle de « programmateur » que Bruno RETAILLEAU semble vouloir lui donner. Malheureusement, nous n’avons pas eu voix au chapitre, et ces deux dispositifs sont quasiment au point mort.

Une politique culturelle « qui vient d’en haut »

Sous prétexte de promouvoir la « culture de qualité », l’une des mesures phares de la nouvelle majorité en 2016 a été la programmation de la tournée du spectacle « Histoires sacrées » dans les églises de quelques communes rurales du territoire. Une façon bien vieillotte de faire de la politique, descendante, autoritaire, que nous n’avons eu de cesse de dénoncer. La majorité impose ainsi ses choix aux territoires alors qu’elle devrait plutôt donner les moyens de leur émancipation en soutenant les initiatives culturelles locales. Une politique en outre proposée aux seules municipalités alors que de plus en plus d’intercommunalités se sont saisies de la compétence culturelle, réalité que la Région semble ignorer, alors qu’elle devrait l’encourager.

Dans le cadre de l’élaboration du pacte régional pour la ruralité, nous avons formulé plusieurs propositions :

  • appel à projet annuel pour aider à la création ;
  • aide à l’investissement pour le matériel nécessaire à de nouveaux projets et à l’accueil d’artistes en résidence…

Malheureusement, sans surprise, nos propositions ont été rejetées.

Suppression de subventions pour des raisons idéologiques

Le Hellfest, le festival Cinépride à Nantes, la Gay Pride au Mans… comme d’autres Régions passées à droite, nous n’avons pas échappé aux choix idéologiques sous couvert de restriction budgétaire ou de raisons techniques. A chaque fois, nous avons dénoncé la méthode et les faux prétextes de la majorité pour justifier ses décisions.

Pendant ce temps, la Région étudie l’implantation de l’ensemble de musique baroque « Les Arts Florissants » en Vendée, sans réelle transparence sur le montage financier (compensation du désengagement du conseil départemental que Bruno RETAILLEAU présidait ?), et encore moins sur le cahier des charges qui accompagnerait l’implantation en région de cet ensemble prestigieux, dont on peut craindre le peu d’investissement et de disponibilité des musiciens.

Absence de critères dans l’octroi des aides

A chaque commission nous relevons des baisses ou des hausses de subventions sans explication. Nous avons insisté à plusieurs reprises pour que la majorité définisse des critères objectifs qui permettraient de justifier leurs choix, pour le moment en vain. Nous continuerons à porter cette revendication, de même que notre demande d’avoir une vision territoriale de la distribution des subventions.

Bénévolat et vie associative : attention à la casse !

Première casse : l’arrêt des emplois aidés, qui permettaient de consolider le financement de postes associatifs, stratégiques dans de nombreux secteurs (culture, environnement, sport, insertion…), pour accompagner le bénévolat.

Deuxième casse : l’arrêt des subventions aux fédérations d’éducation populaire. La nouvelle majorité a mis fin à toutes les conventions ainsi que son aide au financement du poste de coordinateur du CRAJEP. Et cela sans aucune concertation avec les acteurs concernés. Certaines fédérations vont être contraintes de licencier le peu de personnels qu’elles ont.  Cette situation est dramatique pour la vie associative en Pays de la Loire. La « méthode RETAILLEAU » est brutale et catastrophique pour l’engagement associatif. Rappelons que les fédérations d’éducation populaire sont les plus pourvoyeuses de bénévoles (sports, culture, jeunesse, social etc).

En échange de tout cela, Bruno RETAILLEAU invite des bénévoles « méritant » au départ du Vendée Globe pour distribuer des médailles…

Lors de l’élaboration du Pacte pour la ruralité au mois de juin, nous avons formulé plusieurs propositions très concrètes pour soutenir la vitalité du tissu associatif déjà mis à mal par l’arrêt des emplois aidés :

  • ouvrir le dispositif local d’accompagnement aux associations qui n’ont pas de salariés ;
  • soutenir le renouvellement des bénévoles par le biais de formations et de la valorisation de l’action bénévole ;
  • lancer un appel à projets pour soutenir l’action multi-partenariale et citoyenne en milieu rural.

Nous avons obtenu un maigre infléchissement avec l’adoption d’une partie de l’un de nos amendements : les jeunes ruraux qui s’engagent à donner de leur temps pour aider à mieux appréhender les outils numériques, pourront désormais bénéficier d’un coup de pouce financier dans l’obtention du BAFA en parallèle de l’aide au permis de conduire proposée par la majorité.

 

 

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