[Un an après] Energie/Climat : malgré nos alertes, la sobriété énergétique à la traîne
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2016 a été marquée par l’adoption d’une nouvelle feuille de route par le conseil régional des Pays de la Loire lors de la session des 14, 15 et 16 décembre 2016. Malgré notre contribution, qui insistait sur l’importance des économies d’énergies, ce volet a été raboté au profit d’une approche principalement productiviste. Quelques éléments d’explications sur un bilan mitigé.

Parmi les dossiers qui ont particulièrement retenu notre attention en première année de mandat, il y a celui de la transition énergétique. Il existe une réelle dynamique sur ces questions en Pays de la Loire et il importe qu’elle se poursuive.

Plus de la moitié de notre contribution reprise

Alors, même si le premier signal de la nouvelle majorité en place a été de raboter le dispositif des AREEP (Aides Régionales aux Économies d’Énergie pour les Particuliers), nous avons décidé de saisir la main tendue par les élus en charge du dossier et de participer à la concertation en vue de l’élaboration de la feuille de route. Deux réunions de travail ont permis des échanges intéressants, avec une mise en débat de nos 6 priorités et 19 propositions puis une présentation et discussion sur le projet de la majorité.

Compte-tenu de ce séquençage, difficile de distinguer les propositions reprises de celles que la majorité avait déjà en tête. Quoi qu’il en soit, nous retrouvons plus de la moitié de nos propositions plus ou moins à l’identique dans le document voté. « Ce qui est certain, c’est que nous avons pesé pour que le travail sur le tiers investissement soit poursuivi. Les élus en charge du dossier n’étaient pas convaincus sur ce dispositif où un tiers investisseur finance les travaux de rénovation énergétique pour le compte du particulier, et se rémunère sur les économies réalisées. Sur ce point, les échanges ont permis d’avancer. Reste à voir ce qui sera fait concrètement », précise Sophie BRINGUY, qui a suivi le dossier pour le groupe.

Des projets intéressants, des avancées concrètes

La feuille de route votée en session de décembre est clairement tournée vers l’opérationnel et contient quelques dispositifs intéressants : le diagnostic des bâtiments publics pour prioriser les travaux, les dispositifs de déploiement de « gadgets » de maîtrise de l’énergie, le soutien à la transition énergétique dans les entreprises, les corridors de covoiturage, l’expérimentation du marché local carbone, la réflexion effective sur le tiers investissement, la campagne de communication annuelle sur la transition énergétique… D’autres points sont à notre sens insuffisants et Sophie BRINGUY l’a souligné lors de son intervention en session plénière.

Depuis la session, de nouveaux dispositifs ont été votés en commission permanente le 3 février 2017.

« Ils marquent une réelle avancée des politiques régionales sur le bâti, avec un renforcement de la conditionnalité des aides publiques que nous ne pouvons que saluer » affirme Sophie BRINGUY.

Exemple : dorénavant, les nouveaux bâtiments subventionnés par la Région (exemple : logements pour les jeunes) devront être à énergie passive et intégrer quatre critères de développement durable (exemples : toiture végétalisée, récupération des eaux de pluie, utilisation d’éco-matériaux, objectif d’insertion…).

Un budget incertain, un désengagement sur le volet « rénovation »

Alors, vous vous demandez : pourquoi s’être abstenus lors du vote sur la feuille de route ?

« Plusieurs éléments expliquent cette décision. Mais le plus gros problème est sur la rénovation énergétique et le climat. Le budget du soutien aux ménages modestes dans leurs projets de rénovation énergétique a été divisé par deux », s’indigne Sophie BRINGUY. « Impossible pour nous de cautionner cela, d’une part, à cause de l’impact humain, d’autre part, parce que l’enjeu d’économie d’énergie est énorme. C’est le pilier prioritaire pour la transition, et il a été traité comme un enjeu secondaire dans la feuille de route ».

Ce constat a amené le groupe à conclure que la majorité régionale restait dans une approche très productiviste. Elle perçoit bien la transition énergétique comme une opportunité économique, mais plus sur le volet production d’énergie et innovation, que dans une dynamique d’économie d’énergie.

Et le climat dans tout ça ?

Autre lacune – grave – de l’approche régionale : les enjeux du dérèglement climatique sont à peine traités. Après une réelle dynamique des ambassadeurs des lycées éco-responsables ces dernières années, le conseil régional en a signé l’arrêt. Il en est de même pour le travail réalisé dans le cadre de la coopération décentralisée, la mise en place d’une compensation carbone régionale et même l’idée d’un GIEC régional, qui semble avoir disparu en même temps que les actions autour de l’agenda 21. D’ailleurs, le CESER aussi souligne le manque d’ambition sur le changement climatique et invite la Région à « réaliser au plus vite une cartographie détaillée des évolutions climatiques sur le territoire ». La réalisation de ce diagnostic de vulnérabilité est pour lui « une étape préliminaire et incontournable du développement d’une stratégie d’adaptation effective ».

Une première année en demi-teinte. Mais le groupe compte bien poursuivre son travail, pour convaincre quand c’est possible, alerter quand c’est nécessaire.

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