[BILLET] Biodiversité et entreprises: au-delà des symboles, nous appelons à la cohérence
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L’érosion de la biodiversité et la sixième extinction des espèces, c’est aussi en Pays de la Loire : les espèces menacées représentent 35 % des oiseaux nicheurs, 38 % des reptiles, 24 % des plantes à fleur et fougères de la région. La Région s’est engagée fin 2018 en adoptant une stratégie régionale pour la biodiversité. Cependant, les actions présentées sont majoritairement dans le champ symbolique ou de l’ordre des études. La commission permanente du Conseil régional du 5 avril renforce ce constat, avec le vote d’une charte d’engagement – en fait sans engagement- pour les entreprises. Les élu.e.s du groupe Ecologiste et Citoyen demandent davantage de cohérence et des actions concrètes.

Sophie BRINGUY, conseillère régionale et co-présidente du groupe : « Nous partageons l’objectif d’ouvrir la politique régionale pour la biodiversité aux entreprises. Elles représentent un maillon essentiel pour une gestion globale durable des ressources naturelles. D’autant que des partenariats existent déjà entre associations de protection de la nature et entreprises ».

Favoriser les partenariats concrets entreprises-associations-collectivités et les échanges.

La majorité régionale s’appuie aujourd’hui pour ce faire sur deux dispositifs.

D’une part, un club des mécènes « entreprises et biodiversité » pour l’instant « fantôme »* : depuis deux ans, seule une entreprise a adhéré. Ceci pose clairement la question de la pertinence de cette idée. Les acteurs souhaitent des liens directs et non avoir une fondation qui fait écran entre mécènes et associations sur le territoire. « La Région prendrait toute sa place en mettant autour la table ces acteurs et en lançant par exemple un appel à projets pour soutenir les démarches partenariales entreprises-associations-collectivités », propose Sophie BRINGUY.

D’autre part, la charte d’engagement votée le 5 avril en commission permanente, qui vise la création d’un réseau d’entreprises ambassadrices pour la biodiversité. « C’est une charte au rabais, sans engagement réel. Elle laisse planer des soupçons de greenwashing. Les entreprises méritent mieux. C’est dommage », regrette Sophie BRINGUY. « Nous appelons à oser une approche plus claire avec des engagements concrets et évaluables ».

Mettre en cohérence toutes les actions du Conseil régional avec les objectifs partagés pour la biodiversité.

Lors de cette commission permanente a aussi été adoptée une nouvelle version des contrats nature appelés dorénavant « contrats-nature 2050». « J’ai mis en place les contrats nature dès 2011 lorsque j’étais vice-présidente. Leur donner un nouveau souffle, en lien avec de nouveaux partenaires, est positif. Les exigences de la Région sont renforcées pour l’obtention des financement. C’est intéressant. » constate Sophie Bringuy avant de poursuivre : « Seulement je m’interroge : quel sens cela a-t-il d’être, d’un côté, plus exigeant à l’égard des acteurs qui veulent s’engager pour préserver la biodiversité, quitte à refuser certains projets et, de l’autre côté, d’ouvrir les vannes des subventions régionales à l’industrie agroalimentaire ou de financer à tour de bras des zones d’activités sans démarche environnementale ? Nous savons que l’agriculture industrielle et l’artificialisation sont les causes principales d’érosion de la biodiversité. L’exigence de préservation de la biodiversité doit concerner toutes les politiques régionales. »

*Lancé en juillet 2017, une seule entreprise s’est pour l’instant engagée dans ce club des mécènes.

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