[C_Presse] Clause Molière : « Nous appelons Bruno Retailleau à se détacher définitivement de l’approche populiste »
Partager

Le groupe Ecologiste et Citoyen a pris connaissance de la décision du Tribunal Administratif de Nantes concernant la clause d’interprétariat dite clause Molière. S’il partage le constat des insuffisances de la directive européenne sur les travailleurs détachés, il regrette l’instrumentalisation qui a été faite à l’appui de cette clause, en période de campagne présidentielle.

La clause, les travailleurs détachés et l’Union européenne.

La directive de 1998 sur les travailleurs détachés fait l’objet de nombreuses critiques, tous bords politiques confondus. Après des années de débat, la Commission européenne a enfin présenté début mars 2016 une proposition de réforme de cette directive, qui vise à faciliter le détachement de travailleurs dans un environnement de concurrence loyale et de respect des droits des travailleurs. Ce texte fait l’objet d’âpres débats.

« Toute personne qui suit sérieusement ces questions sait que le sujet est délicat, et que les pays de l’Est s’opposent à la réforme européenne, critiquant des visées protectionnistes. Dans un contexte de négociations difficiles, lancer la polémique en France était irresponsable », affirme Lucie ETONNO, élue du groupe qui suit les questions liées aux marchés publics.

La clause, la campagne présidentielle et le « story telling » pour rattraper le coup.

« Depuis le début, nous déplorons la manière idéologique dont ladite clause Molière a été amenée en France, instrumentalisant les Régions à des fins de campagne présidentielle, à l’image de Bruno RETAILLEAU en Pays de la Loire », rappelle Lucie ETONNO. « Certes, la clause ligérienne n’est pas annulée par le tribunal. Mais c’est uniquement parce qu’elle a été revisitée pour passer entre les fourches caudines de la loi, en mettant l’accent sur la protection des travailleurs détachés ».

Notons simplement qu’au début des débats, seule la défense de l’emploi local était invoquée comme argument. C’était beaucoup plus porteur pour le candidat François FILLON, dans une tentative désespérée de récupérer un électorat séduit par Marine Le Pen. Nous observons également qu’à aucun moment Bruno RETAILLEAU n’a rappelé que le code des marchés publics permet déjà de lutter contre le dumping social avec le pouvoir d’écarter les offres anormalement basses.

Nous espérons que dans les mois à venir, le président du Conseil régional saura peser pour l’évolution du droit européen au lieu de fragiliser le climat des négociations. Creuser les divisions ne permet pas de préparer l’Europe solidaire de demain.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *