[C_Presse] Gros chèque cadeau pour la multinationale, des miettes pour les autres
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Lors de la commission permanente du 28 septembre, le Conseil Régional des Pays de la Loire a décidé d’attribuer une subvention de 500 000€ et un prêt de 750 000€ à la société CEVA BIOVAC de Beaucouzé dans le Maine-et-Loire, leader hexagonal de la production d’autovaccins. CEVA BIOVAC est détenu depuis juin 2016 à 60% par CEVA, sixième groupe pharmaceutique vétérinaire mondial dont le chiffre d’affaire dépasse le milliard d’euros en 2017. Ce soutien régional interpelle les élu.e.s du groupe Ecologiste et Citoyen sur plusieurs points : les aides directes considérables aux grands groupes industriels, l’absence de considération éthique sur les enjeux de bien-être animal et l’inscription du projet dans un modèle agricole productiviste. Ils ont voté contre l’attribution de cette subvention.

Sophie BRINGUY, co-présidente du groupe Ecologiste et Citoyen : « Dans la lignée des chèques-cadeaux aux industriels de l’agro-alimentaire, qui représentent déjà près de 6 millions d’euros depuis le début du mandat, la Région va verser une subvention de 500 000€ à un laboratoire racheté récemment par un groupe milliardaire. Or, à la lecture du projet, il apparaît clairement que les techniques d’industrialisation mises au point dans le laboratoire de Beaucouzé seront déployées par la suite dans d’autres sites de production du groupe dans le monde. Cette subvention régionale va donc servir aux bénéfices futurs du groupe entier. C’est le projet d’une multinationale qui n’a pas besoin des impôts des ligériens et ligériennes pour investir. »

« Nous interrogeons également les priorités de la majorité régionale. Comment justifie-t-elle de verser 500.000€ à une multinationale et de plafonner en même temps les aides aux entreprises locales qui en ont besoin sous prétexte de raréfaction de l’argent public ? Par exemple, dans cette même commission permanente, elle attribue 500 000€ de subvention directe à un laboratoire qui va créer 20 emplois sur 3 ans, soit un ratio de 25 000€ par emploi, tandis que les cinq lauréats d’un appel à projets en économie circulaire, qui vont produire des biens et services de manière durable sur notre territoire tout en limitant la production de déchets, se voient attribuer seulement 20 000€ chacun pour l’ensemble de leurs projets.» 

Elle ajoute enfin : « De plus, le groupe CEVA a récemment fait l’objet d’un scandale à la suite de la publication d’une enquête par plusieurs associations et ONG[1] qui dénonçaient les conditions atroces de détention et de prélèvement de sang sur des juments en Amérique du Sud. Ces prélèvements servaient à extraire une hormone utilisée par CEVA dans ses laboratoires pour désaisonnaliser les périodes de gestation des femelles animales et le groupe s’approvisionnait auprès de ces « fermes à sang » en Argentine. Nous avons interpellé la majorité régionale sur l’éthique de cette subvention, les engagements qu’elle aurait négociés auprès du groupe… Nous sommes outré.e.s par le silence de la majorité sur ces points. Nous demandons à nouveau la mise en place de critères éthiques pour attribuer les subventions publiques aux entreprises et groupes privés.  »

1- Voir l’enquête de Welfarm : https://action.welfarm.fr/fermesasang/

2 réflexions au sujet de “[C_Presse] Gros chèque cadeau pour la multinationale, des miettes pour les autres

  1. Il faut prendre le problème à la racine, c’est à dire, les conditions d’élevage et la surproduction par la SURexploitation des femelles des espèces concernées. On parle d’autovaccin. Quel intérêt si les animaux sont élevés dans des conditions normales, adaptées, respectueuses de l’animal et de sa santé ? Quel impact sanitaire sur ces animaux issus d’un dopage masqué ? Il ne n’agit nullement de trouver de substances substitutives mais de mettre un terme définitif à la surconsommation humaine.

    1. Nous sommes d’accord avec vous. Le message entre le soutien à un groupe qui n’en a pas besoin et le lien avec le scandale des juments saignées était déjà assez complexe à intégrer dans un format « communiqué de presse ». Cependant, le modèle d’élevage qui fait passer un autovaccin comme un progrès doit être profondément interrogé.

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