[C_Presse] : Presque un million d’euros pour la voiture électrique : attention au risque de sortie de route !
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Lors de la commission permanente de vendredi 17 novembre, le Conseil régional a voté une subvention de 855 000 € pour l’installation de 37 bornes à recharge rapide en Pays de la Loire. Objectif : accompagner l’essor de la voiture électrique. L’occasion pour les élu-e-s écologistes et citoyens d’alerter sur les dérapages possibles.

 

« L’engouement actuel pour la voiture électrique doit être abordé avec raison par le politique », prévient d’emblée Sophie BRINGUY, co-présidente du groupe Écologiste et Citoyen. « A grande échelle, basculer à 100 % vers la voiture électrique nous conduirait dans une impasse industrielle et écologique, notamment par défaut de prise en compte des enjeux liés à la lutte contre le dérèglement climatique, la transition énergétique et la préservation des ressources naturelles. Ce type de mobilité doit être pensé en fonction d’usages pertinents pour prendre sa juste place ».

 

Climat. Aujourd’hui encore, les transports représentent près de 23% des émissions de gaz à effet de serre des Pays de la Loire. Nous devons donc avancer vers une mobilité « décarbonée » pour réduire nos émissions. Le piège est de croire que le véhicule électrique est la réponse principale à cet enjeu. En effet, si les émissions à l’échappement sont nulles, le bilan carbone d’un véhicule électrique n’est lui pas neutre, il faut analyser son cycle global (construction, entretien, utilisation – dont celle des énergies primaires -, recyclage). Ensuite, il conviendrait de comparer à d’autres véhicules au gaz naturel ou au biogaz pour promouvoir les solutions les plus climato-compatibles.

 

Transition énergétique. Les différents scénarii de transition énergétique ont un point commun : la priorité est de baisser nos consommations d’énergie, notamment électrique. La puissance d’une borne électrique rapide est de 50kW, soit 13 fois plus qu’une à recharge normale. Quel impact global sur notre niveau de consommation ? Quel encadrement de leur utilisation pour éviter les recharges en heure de pointe ?  Il est urgent de faire un travail pour savoir quel niveau de développement de la voiture électrique est compatible avec nos possibilités de production d’énergie électrique renouvelable, pour éviter le développement d’un réseau démesuré.

 

Ressources naturelles. L’un des points noirs des véhicules électriques est la batterie. L’exploitation de certains de ses composants, dont le lithium et le cobalt, ont des impacts lourds sur l’environnement. Qui plus est, ils sont sources de conflits dans des pays fragiles économiquement et socialement. Le déploiement d’une telle technologie ne peut se faire sans considérer notre responsabilité vis-à-vis de ces pays et ses conséquences géopolitiques.

 

« Notre politique de mobilités doit apporter des réponses durables aux habitants et habitantes de la Région. La voiture électrique a sa place pour certains usages : les voitures partagées, dans les flottes d’entreprises et administrations, ou les déplacements en zones rurales peu desservies par les transports en commun. Là où c’est possible, il faut cependant privilégier d’autres options concernant l’électrique : les petits véhicules, au poids et à la consommation moindre, à commencer par les vélos, scooters, triporteurs ou encore les petits camions assurant la livraison moins bruyante du « dernier kilomètre » en zone urbaine. Outre le développement des transports en commun, qui est une priorité, les politiques doivent aussi favoriser la maturation des technologies comme l’hydrogène ou le bio-GNV, plus vertueuses que l’électrique », conclut Lucie ETONNO, membre de la commission Transport-Mobilités.

 

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