[SESSION] Vœu : limitons l’impact du bruit ferroviaire sur la santé
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La mise en circulation de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) Le Mans – Rennes, cofinancée par le Conseil régional, a bouleversé la vie de nombreux riverains qui n’ont pas été pleinement protégés des conséquences sonores. Compte-tenu de la gravité pour la santé des effets du bruit, le groupe a souhaité que le Conseil régional s’engage aux côté des riverains et pour la révision de la mesure du bruit. Fin de non-recevoir de la majorité.

« Le bruit dans l‘environnement figure parmi les principaux risques environnementaux pour la santé. Il exerce des effets néfastes sur la santé et le bien-être de l‘être humain et à ce titre, il est une source croissante de préoccupations tant dans l‘opinion publique que pour les responsables politiques en Europe »*. C’est ainsi que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) identifie le bruit comme la deuxième menace pour la santé environnementale en Europe dans un rapport publié en octobre 2018*.

Cet enjeu du bruit dans l’environnement concerne aussi bien les infrastructures routières, aéroportuaires que ferroviaires. En témoigne la mobilisation de Collectif  pour la Représentation des Intérêts des riverains sarthois de la LGV (CRI 72) défendu par Corine Lepage, mais aussi des autres association en Mayenne et dans l’Île-et-Vilaine. Lors d’une réunion à Neuville-sur-Sarthe le 18 janvier dernier, Sophie Bringuy et Lucie Etonno ont pu être informées des biais relatifs à la réglementation en France :

  • les seuils à respecter sont moins exigeants que les normes européennes ;
  • l’évaluation des nuisances ne s’appuient pas sur des indicateurs événementiels (pics de bruit, émergence sonore) pour privilégier un « bruit moyen » qui ne tient pas compte de la répétition d’événements sonores.

Prenant acte de la responsabilité de l’Etat en matière de régulation du bruit ferroviaire, Lucie Etonno a donc proposé un vœu au Conseil régional lors de la session du 21 mars 2019 afin :

  • d’affirmer sa volonté de voir la réglementation française concernant le bruit ferroviaire évoluer afin de mieux protéger les riverains contre les nuisances
  • de demander à l’Etat de fournir le rapport de la mission d’expertise du Conseil général de l’environnement et du développement durable commandité en mai 2018 ;
  • de demander à l’Etat de s’engager avec les opérateurs ferroviaires à un programme de recherche de solutions pour amoindrir le bruit à la source.

Malgré sa portée d’intérêt général, la majorité a voté contre ce vœu. Prétextant sa nature « symbolique » qui viendrait « entretenir une illusion auprès des riverains« , le vice-président aux Transports, Roch Brancour, a même avancé l’idée que de « faire évoluer la réglementation ne changerait pas la situation des riverains« …

Pour nous, la santé-environnementale est un enjeu majeur. Nous attendons de la Région qu’elle soit aux côtés des habitant.e.s qui se battent pour leurs conditions de vie. Le positionnement de la majorité montre le hiatus entre ses grands discours et les actes posés. En effet, la présidente de Région a passé la session à nous répéter ses éléments de langage sur la « Région qui protège » et l’« écologie positive » chères à la droite. Des mots qui sonnent bien creux aux moment de se mouiller pour de vrai.

*« OMS : Lignes directrices relatives au bruit dans l’environnement dans la Région européenne », octobre 2018.

Pour aller plus loin: lire l’intégralité du vœu présenté par Lucie Etonno.

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