BONHEUR RÉGIONAL – Vivre dans une région du bonheur
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→ Une Région qui place au cœur de son projet le « prendre soin » de l’humain

 

AU SOMMAIRE:
NOTRE CONSTAT
LES ENJEUX
NOTRE VISION POUR 2050
DES PISTES D’ACTION POUR LA RÉGION
LE PORTRAIT DE CORENTIN

 

NOTRE CONSTAT

Vivre en Pays de la Loire, c’est vivre dans une région reconnue pour sa qualité de vie : Loire et ses affluents, douceur angevine, bocage mayennais, collines des Alpes Mancelles, côte sauvage vendéenne, vignoble nantais, bien-être des habitants, richesse du patrimoine bâti et naturel, dynamisme économique et associatif… les raisons à l’attractivité de notre région sont en effet nombreuses. Elle pourrait d’ailleurs accueillir jusqu’à 800 000 nouveaux habitants d’ici 20501.

Si la région est attractive, elle le doit notamment à l’appétence de ses habitant.e.s pour cette qualité de vie et leur implication associative et bénévole. Ils font ainsi des Pays de la Loire une terre d’initiatives, de festivals, d’expérimentations culturelles et de réussites sportives, un territoire où les valeurs coopératives et solidaires sont mises en avant. La région compte ainsi près de 65 000 associations, plus de 15 000 entreprises de l’économie sociale et solidaire et un nombre important de festivals de toutes dimensions.

Cette attractivité associée à de bons indicateurs économiques (un taux de chômage de 7,2%[1] contre 8,4% au niveau national) cache cependant des disparités territoriales. Ainsi, les bassins du Mans, d’Angers, de Saumur, la Flèche ou encore Les Sables-d’Olonne enregistrent un taux de chômage légèrement supérieur à la moyenne nationale. Par ailleurs, notre territoire est aussi impacté par les fermetures de sites industriels avec récemment Arjowiggins en Sarthe et celle annoncée pour 2020 de Michelin en Vendée. Quant à la robotisation, la numérisation et le développement de l’intelligence artificielle, ils vont profondément bousculer notre rapport au travail. Déjà aujourd’hui, pour un investissement d’à peine 10.000 €, certains robots remplacent le travail d’une dizaine de personnes. Plusieurs enquêtes s’accordent pour dire que 9% des emplois actuels sont menacés par la robotisation[2].

Nombreux sont également les signaux faibles sur lesquels il est nécessaire de porter attention. L’illettrisme touche par exemple de nombreux jeunes de 15 à 25 ans dans la région. En 2013[3], lors des assisses régionales de la lutte contre l’illettrisme, les taux de jeunes détectés en difficulté de lecture étaient les suivants : 6,4 % pour la Loire-Atlantique, 7,7 % pour le Maine-et-Loire, 10,1 % pour la Mayenne, 11% pour la Sarthe. Ces chiffres n’ont pas été actualisés depuis.

D’autres constats attirent l’attention :

  • le monde associatif, fort de ses près de 700 000 bénévoles dans la région, exprimait récemment sa baisse de moral et ses difficultés[4].
  • des espaces naturels auxquels sont attachés les Ligérien.e.s voient également arriver les bétonneuses pour des grands projets inutiles comme un nouveau port de plaisance à Brétignolles-sur-Mer.
  • des habitants sont inquiets face à l’environnement qui les entoure, interrogeant les conséquences possibles sur leur santé de certains polluants et pratiques, notamment lors d’épandage de pesticides.
  • la fin des contrats aidés, des rythmes de vie toujours plus accélérés, les fractures territoriales, sociales ou numériques mettent à mal le vivre-ensemble.

Autant de signaux qui doivent nous alerter, car une région heureuse est une région équilibrée et inclusive, qui prend soin de ses habitant.e.s.

LES ENJEUX

  • Définir et rechercher le bonheur régional brut à l’appui de nouveaux indicateurs de bien-être et du suivi des signaux faibles.
  • Donner du pouvoir d’agir et des moyens d’implication aux citoyens, notamment les plus jeunes, en soutenant la vie associative et les initiatives citoyennes partout sur le territoire.
  • Mobiliser tous les outils pour atteindre l’égalité réelle femmes-hommes.
  • Développer l’éducation à la démocratie et au vivre ensemble pour renforcer notre capacité à choisir collectivement notre destin.
  • Prendre en compte les évolutions futures du monde du travail pour asseoir le statut du bénévole et de l’engagement au service de l’intérêt général.
  • Aider chaque bassin de vie à se doter d’un projet culturel permettant de développer une offre culturelle ancrée et d’ouverture, à destination de tous les publics, en favorisant l’éveil culturel et la diversité des pratiques.
  • Mobiliser l’art et l’approche esthétique au service des transitions sociétales en cours.
  • Soutenir les réseaux d’éducation populaire.
  • Soutenir et favoriser les pratiques physiques et sportives comme vecteur de lien social et enjeu de santé publique.
  • Ouvrir la région sur l’extérieur (Europe, international, coopération décentralisée).
  • Bien accueillir les populations nouvelles, dont les personnes déracinées.

 

NOTRE VISION POUR 2050

En 2050, les Pays de la Loire sont reconnus pour être une région du bonheur, où l’action publique se donne pour finalité première d’améliorer la vie des ligériens et ligériennes au quotidien, plutôt que de demeurer dans une course effrénée à la croissance.

De nouveaux indicateurs associés à la conception et l’évaluation des politiques publiques assurent ainsi la recherche permanente du bonheur régional brut. Comme les scientifiques le recommandaient, l’accent a été mis sur les interactions humaines et la constitution d’un environnement favorable au développement humain, tout en cultivant notre enracinement et nos spécificités locales : richesses du patrimoine bâti et naturel, cultures et langues locales, variétés des cadres de vie, qualité gastronomique et produits de terroirs, convivialité et foisonnement culturel, dynamisme sportif.

L’approche de l’aménagement du territoire a profondément évolué : on a compris que l’environnement immédiat influait sur l’état des personnes et, en lien avec urbanistes, ethnologues et sociologues, chaque quartier, chaque ville ou village a été repensé pour favoriser le bien-être des habitant.e.s et leur santé, privilégiant un environnement sain et la prévention des risques.

Tous les bassins de vie sont labellisés à haut niveau de service public, avec une approche originale hybridant privé et public, dans une éthique sociale et solidaire. Ce système s’appuie sur le service civique universel tout au long de la vie, qui a permis de revitaliser les bassins de vie. Les habitant.e.s se sentent soutenus et inclus dans une communauté solidaire : le sentiment d’abandon et de fracture territoriale est devenu marginal.

Les évolutions du monde du travail ont nécessité la mise en place d’un réel revenu de base avec un quota d’activités minimum à réaliser. Les rythmes de vie sont apaisés, plus sains. On ne vit plus dans l’angoisse de perdre son travail et de tomber dans la spirale du chômage de longue durée. Ce nouveau système a permis aussi de revaloriser les métiers du service à la personne et de les rémunérer équitablement.

Grâce à un important accompagnement des secteurs de l’éducation populaire, les activités favorables au développement humain se sont démocratisées (culture, arts, artisanat, sport, philosophie, recherche…). Un nouvel élan est donné aux dynamiques collectives. Les initiatives culturelles, sportives, associatives, foisonnent et chacun, chacune, a l’envie et la possibilité de s’y impliquer.

Le temps dégagé pour s’engager dans des instances locales de co-décision est également devenu un enjeu des politiques publiques. La Région a ainsi retrouvé une capacité à choisir collectivement son destin, celui d’une région du bonheur.

Ces orientations ont permis à notre région d’être apaisée et sereine à l’égard du futur. Elle a ainsi été en capacité d’organiser un parcours d’accueil des réfugiés et demandeurs d’asiles et de leur proposer des perspectives d’avenir. Par exemple, la crise des installations agricoles a en partie trouvé réponse grâce au volontarisme des nouveaux arrivants, qui ont apporté des savoir-faire utiles face au réchauffement climatique.

DES PISTES D’ACTION POUR LA RÉGION 

  • Animer de manière permanente le développement d’une vision partagée sur notre avenir commun et la trajectoire de la Région pour que chacun.e puisse être pleinement acteur du destin régional.
  • Co-construire de nouveaux indicateurs pour mesurer le bonheur régional brut (santé, gouvernance, environnement, développement humain, économie…) et les intégrer dans des outils d’évaluation des politiques régionales pour faire évoluer l’action publique.
  • Prendre en charge les craintes que peuvent susciter un avenir incertain et les bouleversements de système, en mobilisant les acteurs de la culture, de l’éducation populaire et les sciences humaines pour une animation esthétique du changement (s’inspirer des neurosciences pour revisiter l’action publique).
  • Porter un projet de recherche-action sur les évolutions du rapport au travail, le statut du bénévole et de l’élu, les nouvelles formes d’inclusion et de reconnaissance sociétale, notamment via le revenu universel.
  • Rétablir le soutien du Conseil régional aux réseaux d’éducation populaire, dont le CRAJEP.
  • Soutenir l’élaboration de projets territoriaux de la culture et développer la culture dans sa diversité partout, au plus près de chaque territoire et en fonction de leurs disparités.
  • Accompagner les territoires pour la création d’espaces collectifs hybrides, en lien avec les réseaux d’éducation populaire, permettant des pratiques culturelles, sportives de faire ensemble dès le plus jeune âge et accessible à tous les publics.
  • Co-élaborer un plan d’action pour une région accueillante en lien avec la CTAP, les réseaux des villes accueillantes françaises et européennes
  • Adhérer à des réseaux européens sur les enjeux de démocratie, d’éducation et de recherche et en lien avec une politique volontariste de coopération décentralisée.
  • Lancer un réseau mondial des territoires pour de nouveaux indicateurs de richesse.
  • Mener une politique volontariste pour réduire plus rapidement et durablement les inégalités femme-homme.

LE PORTRAIT DE CORENTIN

2050. Après une carrière comme Directeur du Bonheur, qui consistait à développer la qualité de vie au travail, créer du lien et de la convivialité, Corentin, 55 ans, anime désormais le club de volley de sa petite ville de Loire-Atlantique. Il repense à son père qui était entraîneur bénévole, à côté de son boulot d’aide-soignant avec un salaire qui lui permettait à peine de joindre les deux bouts. Il s’estime chanceux de pouvoir assouvir sa passion avec le revenu de base qui lui garantit la sécurité matérielle.

Corentin avait presque 40 ans quand ses deux enfants sont nés. Il a pu les voir grandir tout en poursuivant en partie son activité grâce au congé parental modulable longue durée. Ce week-end, il n’y a pas de compétition, il va en profiter pour les emmener au festival des cultures bretonnes de Clisson avec la navette gratuite. Ses enfants ont fait leurs débuts de scolarité dans une école Diwan. Corentin sera donc ravi de faire cette petite excursion en famille. Cela fait d’ailleurs une quinzaine d’années qu’il n’a pas pris l’avion. Il y a tellement à faire près de chez lui, il s’y sent bien.

 

[1] Voir les chiffres de l’ORES http://ores.paysdelaloire.fr/739-chomage.htm
[2] Voir l’étude de l’OCDE (2016) – The Risk of Automation for Jobs in OECD Countries
[3] https://www.defense.gouv.fr/english/actualites/la-vie-du-ministere/agir-ensemble-contre-l-illettrisme
[4] Voir Ouest-France du 02.10.19 : https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/pays-de-la-loire-les-associations-naviguent-dans-le-brouillard-6546995