DÉFIS ENVIRONNEMENTAUX – Quel avenir pour notre territoire ?
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→ Une région 100% ENR, résiliente, qui a su renouer avec la nature et s’adapter aux changements climatiques

 

AU SOMMAIRE:
NOTRE CONSTAT
LES ENJEUX
NOTRE VISION POUR 2050
DES PISTES D’ACTION POUR LA RÉGION
LE PORTRAIT D’AMANDINE

 

NOTRE CONSTAT

Le diagnostic de la santé de notre maison commune, la Terre, est accablant et pose la question de l’avenir même de l’humanité. Notre région est directement concernée : extinction de la biodiversité, hausse du niveau des océans et érosion du littoral, conséquences du réchauffement climatique, sécheresse et inondations, dépendance à l’importation d’énergies fossiles, pollutions, etc.

Cette situation criante entraîne une prise de conscience globale et partagée. Elle nécessite cependant encore une mise en mouvement collective et une mise en cohérence de toutes les actions pour y faire face car les constats sont sans appel :

– Notre région consomme trop d’espace pour les activités humaines, notamment au détriment des terres agricoles et naturelles. Le taux d’artificialisation des terres (11,8%) est ainsi l’un des plus importants en France (9,3% de moyenne en France métropolitaine) et continue de progresser même si le rythme est moins élevé ces dernières années[1]. Cette artificialisation est surtout à l’œuvre dans les métropoles et sur le littoral, particulièrement touché. Les forêts, pourtant essentielles dans la lutte contre le réchauffement climatique, sont peu nombreuses et morcelées.

– La qualité des eaux en région Pays de la Loire est particulièrement dégradée avec seulement 9% des masses d’eau superficielles en bon état écologique. L’accroissement de la demande pose également la question de la gestion quantitative de la ressource en eau, soumise à une forte pression et à de potentiels conflits d’usage. Cette question est renforcée par le changement climatique qui va accroître ces tensions.

– En mai 2019, les experts de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) tiraient la sonnette d’alarme sur la disparition accélérée du vivant avec près d’un million d’espèces menacées d’extinction dans les prochaines décennies. Les Pays de la Loire sont également concernés : les espèces menacées y représentent par exemple 35 % des oiseaux nicheurs, 38 % des reptiles ou 24 % des plantes à fleur et fougères.

– Chaque rapport du GIEC est l’occasion de rappeler que nous avons plus que jamais le devoir de limiter la hausse globale des températures. En Pays de la Loire, en fonction des scénarios, les températures pourraient augmenter de 2°C à 5°C d’ici la fin du siècle, et jusqu’à 1,8°C dès 2030.[2] Les conséquences : montée du niveau des océans, mers plus chaudes et plus acides, sécheresse plus fréquentes, multiplication des évènements climatiques extrêmes, impact sur la ressource en eau et la biodiversité.

– Enfin, si notre région s’est engagée sur la voie des énergies renouvelables (11% de la consommation énergétique finale en 2014[3]), sa dépendance aux énergies fossiles est grande. Une centrale thermique alimentée au charbon y est encore en activité et teste actuellement un projet de reconversion à partir de biomasse. Alors que l’énergie du vent dispose d’un potentiel important, une seule éolienne offshore est en service sur le littoral. Enfin, les projets d’énergie citoyenne foisonnent sur le territoire mais rencontrent encore de nombreux freins.

LES ENJEUX

  • Achever la transition énergétique pour produire 100% renouvelable et atteindre l’autonomie énergétique de la Région à horizon 2050, notamment en travaillant sur l’acceptabilité locale des projets d’EnR.
  • Arrêter de détruire la biodiversité et créer les conditions d’une reconquête de la nature.
  • Diagnostiquer et améliorer la résilience de notre région, pour qu’elle soit en capacité d’absorber les chocs à venir avec sérénité et faire face aux risques liés au réchauffement climatique.
  • Considérer spécifiquement l’enjeu des risques qui pèsent sur le littoral.
  • Repenser une politique de l’arbre en fonction des spécificités des territoires, en lien avec l’atténuation du réchauffement climatique.
  • Stopper l’artificialisation des terres agricoles et naturelles.
  • Accompagner la mutation du système économique en généralisant l’économie circulaire et de la fonctionnalité, avec un objectif zéro déchet et zéro artificialisation nette à horizon 2030.
  • Reconquérir la qualité de l’eau et en préserver la ressource pour répondre aux besoins.
  • Peser pour que la Région ait véritablement les moyens, notamment financiers, de son chef de filât eau-climat-air-énergie.

NOTRE VISION EN 2050

Le profond changement de modèle engagé et la protection renforcée de nos biens communs et ressources naturelles rendent en 2050 les Pays de la Loire autonomes grâce aux énergies renouvelables, résilients face au réchauffement climatique, avec une nature qui a regagné toute sa place.

La région est devenue autonome en énergie, produisant localement ce dont elle a besoin, et étant en capacité d’exporter ponctuellement le surplus vers les régions voisines déficitaires. Un mix 100% renouvelable est atteint, avec de nouvelles sources d’énergie propres qui se sont développées dans les 30 dernières années, notamment une filière locale d’hydrogène vert et des parcs éoliens offshore. Les petites unités, possédées localement par les citoyens ou les entreprises et vouées en partie à l’autoconsommation, se sont largement développées. De plus, associées aux réseaux intelligents, les stratégies de sobriété et d’économies d’énergie mises en place ont assuré une baisse de la consommation, renforcée par des modes de production, de consommation, de déplacement ou d’habitation plus sobres. Les solutions de stockage d’énergie propre ont été développées grâce à un budget conséquent en recherche et innovation pour répondre aux besoins à tout moment.

Les stratégies locales de résilience face au changement climatique ont bien fonctionné et permettent d’absorber avec sérénité les chocs réguliers (sécheresse, canicule, gel, tempêtes, nouvelles maladies…) et les risques qui pèsent sur notre environnement, notamment sur le littoral (érosion, montée des eaux, submersions). Une vraie culture du risque est née dans la région, renforcée par des solidarités collectives entre territoires en cas de chocs passagers.

L’artificialisation des sols a été stoppée grâce à des règles qui ont poussé toutes les collectivités et acteurs privés à réfléchir autrement : densification et réversibilité de l’habitat, mixité des usages d’un même espace, reconquête des friches industrielles, développement de l’agriculture urbaine, construction en hauteur… La nature regagne désormais du terrain, notamment dans les zones urbanisées. Les menaces d’extinction qui pesaient sur la biodiversité sont atténuées et des espèces autrefois menacées se développent à nouveau.

Enfin, le plan de reconquête de la qualité de l’eau qui a porté ses fruits grâce à un diagnostic clair établi dès le départ et la mise en mouvement de tous les acteurs concernés : Etat, collectivités, entreprises, agriculteurs, associations et particuliers.

DES PISTES D’ACTION POUR LA RÉGION

  • Mettre en place une stratégie de résilience pour que la région soit en capacité d’absorber les chocs à venir avec sérénité et faire face aux risques liés au réchauffement climatique.
  • Créer un groupe d’experts climatiques, eau et biodiversité à l’échelle régionale pour porter un diagnostic sur la situation régionale (observatoire) et travailler aux actions à mettre en œuvre (conseil), avec un droit de regard sur l’action régionale et des territoires (évaluation).
  • Faire encore progresser la gouvernance régionale concernant les enjeux climat – eau – biodiversité, avec une conférence régionale de l’action climat – eau – biodiversité, lieu d’élaboration, de suivi et d’évaluation d’accords régionaux climat – eau – biodiversité avec des objectifs et moyens chiffrés.
  • Élaborer une stratégie en concertation avec tous les territoires de la région pour fixer les objectifs locaux en matière de sobriété et d’efficacité énergétique et de production d’énergies renouvelables pour atteindre le 100% EnR en 2050.
  • Lancer une évaluation des politiques régionales avec le soutien d’un tiers à l’aune des enjeux écologiques et intégrer dans les actions du Conseil régional des critères vertueux.
  • Créer un visa régional « ODD[1]-compatible »: chaque politique régionale et projet soutenu par la Région doit être évalué au regard de son impact sur le climat, la santé, la biodiversité, l’environnement en général.
  • Développer une politique foncière régionale : avoir des objectifs clairs et applicables en matière de consommation foncière, créer un Etablissement Public Foncier Régional (EPFR) et un Observatoire régional du foncier.

LE PORTRAIT D’AMANDINE

Amandine, jeune lycéenne, sort de son établissement nantais récemment rebaptisé lycée Greta Thunberg, en l’honneur d’une militante suédoise pour le climat. Elle a appris en cours d’histoire comment les jeunes de son âge s’étaient mobilisés 30 ans plus tôt pour défendre l’avenir et la préservation de la planète. En suivant la voie végétalisée qui la ramène vers la maison, elle oublie un peu la chaleur de ce mois de mai et considère la chance qu’elle a.  Les mobilisations de ses aînés ont servi, même si elle n’a pas encore pu voir la neige pour la première fois, réchauffement climatique oblige.

Ce soir, Amandine se dépêche : profitant des horaires d’extinction de l’éclairage public, son professeur de sciences a invité les élèves à venir observer les étoiles depuis un parc au cœur de la ville. Elle passe donc par la Maison de la nature et du climat de la ville de Nantes pour emprunter un télescope.

[1] Objectifs de Développement Durable.
[1] Voir l’étude la DREAL (2017) : http://www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/publication_conso-espace-pdl_etat-lieu_2017-11_web.pdf
[2] Voir le rapport du CESER Pays de la Loire : impacts des changements climatiques et mesures d’adaptation en Pays de la Loire (2016) : http://ceser.paysdelaloire.fr/images/etudes-publications/environnement/2016_02_23_Rapport_Etude_Climat.pdf
[3] Voir la note d’enjeux de l’Etat sur le SRADDET des Pays de la Loire : http://www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/note-enjeux-etat-sept2017.pdf