HABITAT-AMÉNAGEMENT – Comment j’habite le territoire en 2050 ?
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→ Un territoire équilibré articulé autour des bassins de vie mixtes favorisant des parcours résidentiels adaptés à chaque période de vie

 

AU SOMMAIRE:

NOTRE CONSTAT
LES ENJEUX
NOTRE VISION POUR 2050
DES PISTES D’ACTION POUR LA RÉGION
LE PORTRAIT D’ÉLODIE ET MARIE

 

NOTRE CONSTAT

Notre territoire connaît un dynamisme démographique important et se prépare à accueillir jusqu’à 800 000 habitants supplémentaires par rapport à 2013 à horizon 2050, dont une large majorité de seniors[1]. Malgré des pôles dynamiques répartis sur la majeure partie de la région, certains territoires ruraux ou périphériques souffrent d’un déséquilibre.

En parallèle, la population vieillit et une part importante des personnes âgées se concentre sur le littoral attractif. Les plus jeunes ont souvent des difficultés à se loger, notamment à proximité de leur lieu de travail. La distance à parcourir entre le domicile et le lieu de travail est par conséquent une préoccupation forte des ligériens et ligériennes. 36% des ligériens travaillent en effet hors de leur intercommunalité de résidence avec une tendance à la hausse[2]. De plus, 80% des trajets domicile-travail se font en voiture[3].

A ces problèmes s’ajoute un taux de précarité énergétique important – une large part des revenus qui sert à payer la facture de chauffage – ainsi que l’insalubrité de certains logements, véritable enjeu social et de santé publique.

Notre territoire se caractérise donc par des fractures territoriales :
– certains pôles concentrent beaucoup d’habitations mais peu de travail.
– d’autres pôles concentrent les emplois mais sont inaccessibles car trop chers à vivre, même pour les actifs.
Il en résulte une attractivité par défaut des communes qui voient le prix de leur foncier augmenter sans disposer des moyens de dynamiser les lieux de vie, notamment culturels, la richesse étant produite ailleurs, dans des pôles déjà riches et dynamiques.

Une autre fracture s’observe ici entre le littoral, soumis à une forte pression liée à l’accueil de nouveaux habitants, et le reste de la région, marqué par de nombreuses zones périphériques à la démographie plus atone. La Loire-Atlantique et la Vendée ont ainsi absorbé respectivement 57% et 22% de la hausse de la population régionale entre 2010 et 2015[4]. Cette fracture se manifeste également par l’emprise de l’agglomération nantaise, qui concentre les activités dans un mouvement d’hypermétropolisation.

En ville, le végétal, longtemps abandonné, est remis doucement au goût du jour des politiques d’aménagement afin d’atténuer les effets du réchauffement climatique.

LES ENJEUX

  • Atténuer voire inverser le scénario tendanciel qui pourrait conduire 800 000 nouveaux habitants à s’installer en grande partie sur les 350 kilomètres du littoral Atlantique et vendéen d’ici 2050 et prendre en compte l’impact de la densification déjà à l’œuvre en Vendée et en Loire-Atlantique notamment sur la gestion des ressources naturelles.
  • Favoriser la mixité des territoires pour éviter le regroupement d’activités au même endroit et les fractures territoriales.
  • Favoriser des bassins de vie souhaitables, lieux d’activité économique et culturelle, bien connectés par les transports et dotés en services publics et de première nécessité.
  • Créer les conditions d’un cercle vertueux de parcours résidentiel en fonction de l’âge et des besoins des habitant.e.s afin de permettre le renouvellement de population dans un même bassin de vie.
  • Résorber les fractures territoriales en rapprochant les habitants de leur lieu de travail et en sortant du modèle de dépendance à la voiture individuelle et de choix par défaut du lieu d’habitation.
  • Instaurer une solidarité entre les collectivités riches car pourvoyeuses d’emploi et les collectivités beaucoup plus modestes mais qui accueillent les habitants contraints à l’éloignement de leur lieu de travail.
  • Consommer moins d’espace agricole et tendre vers le zéro artificialisation à horizon 2030.
  • Faire du logement accessible et économe un vecteur de la transition écologique et énergétique.
  • Arrêter de détruire pour reconstruire, en pensant autrement la rénovation, en lien avec l’économie circulaire.
  • Travailler sur la réversibilité de l’habitat et des zones d’activité pour créer les conditions d’une évolution dans le temps des aménagements.
  • Aménager le territoire pour qu’il soit bénéfique pour notre santé et penser nos constructions à l’aune du réchauffement climatique.
  • De la nature et de la biodiversité à toutes les échelles et dans tous types d’espace : urbain, périurbain et rural, résidentiel, activités, commerçant…

NOTRE VISION POUR 2050

En 2050, notre région s’est rééquilibrée avec une répartition des bassins de vie attractifs, en favorisant la mixité des territoires, en instaurant plus de solidarités entre collectivités. L’attractivité économique et culturelle des territoires ruraux leur permet d’attirer ou de faire rester les jeunes dans les campagnes. La vision prophétique d’un littoral ligérien surpeuplé qui devait accueillir en grande partie les quelques 800 000 habitants supplémentaires des Pays de la Loire, faisant peser un lourd risque sur les écosystèmes et dégradant la qualité de vie, ne s’est pas réalisée.

En 2050 ont également été créées les conditions d’un cercle vertueux qui permet aux habitants de la région de circuler facilement entre les logements d’un même bassin de vie selon leurs besoins. Les villes dortoirs ou réservées aux aînés les plus aisés n’existent plus.  Un équilibre s’est construit entre des bassins de vie souhaitables et agréables, bien reliées les uns aux autres et où la distance vers le lieu de travail et les services publics et de 1ère nécessité s’est réduite.

Des logements abordables, écologiques, accessibles à tous, construits et bien plus souvent rénovés à partir de matériaux biosourcés sont disponibles dans les villes et villages de la région. Leurs abords sont pensés à l’aune du réchauffement climatique, privilégiant par exemple le végétal en ville pour lutter contre les ilots de chaleur et favorisant partout la bonne santé et la mobilité active des habitants : squares, voie verte, mobilier urbain… Les bâtiments d’habitation et d’entreprises sont pensés à travers leur réversibilité, qui permet à une construction d’être modulable et d’avoir plusieurs vies. La logique d’économie circulaire s’est imposée aux professionnels de la construction.

DES PISTES D’ACTION POUR LA RÉGION 

  • Intégrer l’objectif « zéro artificialisation nette » à horizon 2030 dans le SRADDET.
  • En s’inspirant des « start-up week-end », organiser des ateliers régionaux du développement territorial créatif, avec un soutien appuyé aux expérimentations à haut potentiel au regard des enjeux du XXIème siècle.
  • Cartographier les possibilités de densification et agir sur les documents d’urbanisme.
  • Imposer un taux d’accessibilité PMR pour les logements collectifs.
  • Privilégier les bâtiments biosourcés, encourager et soutenir l’approche biomimétique dans les aménagements, constructions, rénovation.
  • Encourager le recyclage du patrimoine bâti plutôt que sa destruction, en intégrant une approche « cycle global » dans les démarches (coût environnemental et énergétique de la destruction vs gain rénovation/transformation).
  • Rendre toute nouvelle construction réversible et modulable.
  • Intégrer les déterminants de santé dans tous les documents de planifications et les autorisations d’aménagement (à inscrire dans le SRADDET).
  • Intégrer des espaces de nature ou végétalisation dans tout nouvel aménagement.
  • Mettre en place une véritable politique de rénovation énergétique avec la plus faible empreinte carbone possible, qui prend en compte tant la précarité hivernale (froid) qu’estivale (chaud).
  • Soutenir les expérimentations autour de la mise en place de parcours résidentiels.
  • Lancer un appel à projets autour de la diversification des espaces pour retrouver de la mixité territoriale.
  • Créer et inciter financièrement les contrats de réciprocité entre territoires au service des équilibres territoriaux.

 

LE PORTRAIT D’ÉLODIE ET MARIE

2050. Elodie, infirmière et Marie, bientôt 60 ans, entrevoient la fin de leurs carrières professionnelles et cherchent un nouveau toit dans un environnement adapté à leur futur rythme de vie, plus calme. Leurs enfants leur rendant moins visite, la maison familiale est devenue bien grande pour elle deux !

Encore en pleine forme, elles aimeraient bien passer leur retraite dans le Nord-Ouest de la Sarthe, du côté des Alpes Mancelles. Le coin est notamment réputé pour son cadre naturel préservé, et ses communes sont dynamiques. Et c’est entre Paris et Nantes où vivent respectivement leurs enfants. Dans le catalogue de leur coopérative résidentielle, elles y ont vu plusieurs maisons qui leur conviendraient, de plein pied, et toujours avec un jardin.

Elles pensent aussi à l’étape d’après : les collectivités sarthoises sont réputées depuis des années pour les habitations adaptées aux aînées avec services mutualisés mises en place avec des associations aux valeurs fortes. Elles savent qu’on s’occupera bien d’elles, et que tout sera fait pour faire durer leur autonomie.

[1] Voir INSEE : une croissance de population à l’ouest et un fort vieillissement, 2018. URL : https://www.insee.fr/fr/statistiques/3569851#titre-bloc-4
[2] Voir INSEE flash : de plus en plus de ligériens travaillent en dehors de leur intercommunalité, 2019. URL : https://www.insee.fr/fr/statistiques/4206019
[3] Voir Ouest-France, 30.05.2019 : https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/pays-de-la-loire-79-des-habitants-vont-travailler-en-voiture-6375875
[4] Voir ORES, Evolution démographique, 2018. URL : http://ores.paysdelaloire.fr/958-l-evolution-demographique-depuis-deux-siecles.htm