[SESSION BP 2021] Situation financière des EREA : la majorité régionale botte en touche.
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Alerté depuis plusieurs mois par les Établissements Régionaux d’Enseignement Adapté (EREA) quant à leurs difficultés financières, Franck Nicolon, a souhaité que le groupe profite de la session régionale des 16 et 17 décembre pour interroger la majorité régionale sur ces situations tendues. Sans surprise, Antoine Chéreau, président de la commission éducation, a répondu par l’esquive.

Déjà pénalisés par l’évolution des critères des Dotations Annuelles de Crédits de Fonctionnements (DACF) qui ont eu pour effet d’assécher leur trésorerie, les EREA, qui accueillent des élèves à besoins particuliers issus de classes SEGPA ou ULIS, ont subi de plein fouet les effets de la crise sanitaire : isolement social des élèves, fracture numérique et décrochage scolaire. Christelle Cardet a donc demandé au nom du groupe que soient réétudiées les dotations de fonctionnement des EREA au regard de leurs particularités.

Pour toute réponse, Antoine Chéreau a d’abord souligné l’attention particulière que porterait la majorité LR-UDI aux EREA avant de dédouaner la majorité LR-UDI de toute responsabilité en mettant en avant deux variables indépendantes de sa volonté : la réforme de la taxe d’apprentissage et le financement par l’Etat de la restauration et des internats. Ainsi, s’il reconnait qu’il peut exister des situations tendues, pour l’élu de la majorité, « ces difficultés viennent de réformes qui ne sont pas les nôtres ».

Le groupe Écologiste et Citoyen regrette cette esquive dans la mesure où les quatre EREA régionaux sont des leviers essentiels pour accompagner les lycéens dans leurs parcours scolaires et professionnels. Investir dans ces établissements et ces élèves seraient un gage pour l’avenir. Ils méritent plus qu’une « attention particulière » estimée par Antoine Chéreau à 120 € par élève dans les EREA :  le groupe demande un soutien concret, juste et équitable. La réponse de la majorité est d’autant plus choquante que dans le même temps, elle trouve sans sourciller des budgets régionaux pour financer les écoles de production portées par le secteur privé et très coûteuses (3 000 € par élève ) ainsi que des écoles « Espérances banlieue », hors contrat et qui plus est hors du champ de compétence du Conseil régional (les écoles primaires ressortent de l’échelon communal). Au moins, les débats autour du budget 2021 auront permis de clarifier la ligne idéologique de la majorité en matière d’éducation et d’enseignement.