[SESSION] NON à l’implantation d’Amazon à Montbert
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Les grands projets imposés et inutiles se multiplient en Loire-Atlantique ces dernières semaines. Parmi eux, le projet d’implantation d’Amazon à Montbert a suscité le débat lors de la session du Conseil régional des Pays de la Loire du 16 octobre 2020 à l’initiative du groupe Ecologiste et Citoyen et du groupe Socialiste (SERR). Ils ont déposé un vœu pour que la Région exprime son opposition à ce projet et appelle l’ensemble des autorités concernées à œuvrer collectivement pour faire obstacle à son aboutissement.

Pour rappel, Amazon prévoit l’implantation d’un entrepôt XXL, l’un des plus grands de France avec 185 000 m2 de plancher soit environ 25 terrains de football, pour alimenter d’autres sites de plus petite taille dans le Grand Ouest. Ce projet participe à la stratégie de maillage du groupe sur tout le territoire français. En plus de ses impacts économiques et sociaux, le projet d’Amazon à Montbert conduirait à l’artificialisation de 14,5 hectares de sols, dont 12,9 seront imperméabilisés. Il occasionnerait un trafic routier considérable, avec des nuisances sonores pour les riverains, y compris la nuit et le week-end puisque le site fonctionnerait en continu.

Déjà, lors de la session plénière de décembre 2019 consacrée au budget 2020, les élu.e.s du groupe Ecologiste et Citoyen avaient dénoncé, alors qu’un premier projet pointait son nez à Grandchamps-des-Fontaines, le modèle Amazon basé sur une impunité sociale, fiscale et environnementale, à travers un vœu. La majorité LR-UDI l’avait refusé et était même allée jusqu’à défendre les pratiques « greenwashing » de la firme américaine pour justifier son vote.

Dans son intervention pour présenter le vœu, Franck Nicolon, co-président du groupe Ecologiste et Citoyen, a insisté sur l’incohérence de cette même majorité entre le soutien régional au commerce local et en même temps, l’absence de réaction face à l’implantation d’un entrepôt XXL d’Amazon. Pour rappel, un emploi créé par la firme américaine détruit plus de deux emplois dans le commerce de proximité, d’après une étude de l’ancien secrétaire d’Etat au numérique Mounir Mahjoubi.

En réponse au vœu, la majorité régionale a défendu de manière assez « lunaire » l’implantation de la firme en Loire-Atlantique par la voix de l’élu Johann Boblin, également président de la communauté de communes concernée par l’installation de la plateforme. Evoquant un vœu « opportuniste » et « hypocrite », il a évoqué pêle-mêle dans sa réponse « la liberté de consommer » ou « le monde qui change », qualifiant au passage les élus écologistes et socialistes de « censeurs », d’aménageurs de zones commerciales périphériques, de responsables de l’insécurité dans les centres villes, de l’interdiction de la voiture qui empêcherait de faire ses courses en ville… Une réponse caricaturale qui ne se positionnait pas sur les points avancées par les écologistes et socialiste : rien sur la qualité des emplois effectivement créés, sur l’impact environnemental du projet, sur la disparition du commerce de proximité ou sur le modèle fiscal d’Amazon.

Cette position digne des années 80-90 semble susciter une forte adhésion au sein de la majorité régionale puisque c’est le seul moment de cette session dématérialisée où ses élu.e.s ont ouvert leurs micros pour faire entendre leur applaudissements en ligne. La présidente du Conseil régional est également intervenue dans le sens Johann Boblin en disant qu’elle n’avait aucun ordre à donner aux élus locaux et aux consommateurs. Selon elle, les élu.e.s locaux disposent de la liberté de dire oui à ce type d’implantations « au nom du développement, de l’attractivité, de la liberté de consommation ». On est loin de la priorité affichée pour la transition écologique !

Les élu.e.s écologistes et citoyens sont désormais fixés. La majorité de Christelle Morançais dit un grand et ferme « oui » à l’implantation du modèle Amazon sur notre territoire, un modèle pourtant mortifère pour le commerce de proximité. Ils vont continuer leur mobilisation dans les prochaines semaines pour empêcher ce projet d’aboutir.

Pour aller plus loin : lire le vœu proposé par les groupes écologiste et socialiste.