[SESSION] Pour une écologie qui protège
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Les sessions du Conseil régional s’ouvrent toujours par un temps fort, celui des discours de politique générale de la présidente du Conseil régional et des président.e.s des groupes politiques. C’est un moment important de la vie démocratique régionale et un débat qui donne le ton [même si j’imagine que l’on peut aussi tonner le ton !] de la session plénière qui s’ouvre. La session du 16 octobre, consacrée aux orientations budgétaires et à la dernière modification du budget de l’année, s’est tenue à distance. Retour sur cette séquence particulière.

Anticiper pour éviter d’improviser. La session du vendredi 16 octobre 2020 a eu lieu à distance, dans un hémicycle virtuel, puisque les élu.e.s se retrouvaient grâce à un outil de visioconférence. Cette session était initialement prévue « en présentiel » le jeudi 15 octobre. Mais le mercredi 14 octobre, la présidente du Conseil régional et son premier vice-président ont été déclarés « cas contact ». Cette situation a entrainé l’annulation et le report sine die de la session du 15 octobre. Le tenue d’une session virtuelle le vendredi a été annoncée jeudi en fin de matinée : bouleversement au sein des services devant assurer la bonne tenue de la session, bouleversement des agendas des élu.e.s régionaux devant se rendre disponibles le vendredi. En rappelant ce contexte, Lucie Etonno, co-présidente du groupe Ecologiste et Citoyen, a insisté, en introduction de son discours, sur la nécessité d’anticiper ce type de situation pour la bonne tenue des débats nécessaires à la vie démocratique régionale. Suivre une dizaine d’heures de session en visioconférence reste un sacré challenge pour les élu.e.s.

A la recherche du rapport d’orientation budgétaire. Au-delà du contexte particulier de tenue des débats, la session était consacrée aux orientations budgétaires du Conseil régional pour 2021. Lucie Etonno a d’abord déploré une session qui ne remplira pas son rôle. Le rapport d’orientations budgétaires présenté se contente en effet de dresser un bilan de l’action régionale sans dessiner de réelles perspectives pour les années suivantes. Pourtant, au vu du contexte de crise sanitaire, de crise économique et sociale, d’urgence écologique, de nouveaux actes forts étaient attendus. Lucie Etonno a donc mis la majorité régionale au pied du mur :

« Où est l’état des lieux exhaustifs des premières actions du Conseil régional contre la crise ? Quid de nouvelles mesures fortes ou la réorientation de certaines ? Par exemple, il aurait fallu de nouvelles actions spécifiques à destination de certains acteurs en souffrance, comme les secteurs culturel et touristique. Comment comptez-vous vous adapter ensuite à un contexte qui évolue chaque jour ? »

Pour une écologie cohérente et qui protège. La co-présidente du groupe Ecologiste et Citoyen a également affirmé une écologie qui protège à différents niveaux et a porté les propositions concrètes de son groupe : accompagner la transition et la transformation de la filière aéronautique, faire émerger des projets d’économie circulaire sur tout les territoires, lancer un cri d’alerte à l’Etat pour répondre à la hausse de la précarité et de la pauvreté due au coronavirus ou encore demander une protection juridique suffisante pour les zones naturelles de l’estuaire de la Loire.

Enfin, Lucie Etonno a défendu une écologie cohérente en pointant le verdissement du discours de la majorité d’un côté et de l’autre, des actions qui aggravent l’érosion de la biodiversité, la dépendance de notre économie à l’extérieur ou encore les risques climatiques. Pour elle, « il n’est plus possible de faire semblant : quel sens à réparer d’un côté pour détruire de l’autre ? ». Les différents exemples concrets mis en avant illustrent en effet la nécessité de discours et d’actes cohérents pour faire avancer la transition écologique et solidaire de la région :

  • Quelle est en effet la cohérence à faire traverser la planète à la viande de bœuf ligérienne et en même temps à avoir un discours vantant le manger local et le goût ?
  • Comment est-il possible de soutenir l’implantation d’Amazon en Pays de la Loire et en même temps prétendre soutenir le commerce de proximité ?
  • Pourquoi mettre en place un GIEC régional et avoir toujours refusé de faire étudier l’impact de ses politiques au regard des enjeux climatiques ?
  • Pourquoi assurer un soutien tous azimuts à la transition numérique sans prendre en compte la mise en danger de la transition énergétique ?

Face au manque de proactivité de la majorité régionale LR-UDI, les élu.e.s écologistes et citoyens continueront à être force de proposition, à appeler à des mesures innovantes et défendront une écologie cohérente et qui protège.

Pour aller plus loin : lire l’intégralité de l’intervention de Lucie Etonno.