[SESSION] Ruralité : nos 4 propositions pour passer la seconde
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En juin 2016, la majorité régionale a voté son Pacte pour la ruralité. Le groupe Écologiste et Citoyen s’était abstenu sur ce rapport, estimant qu’il passait à côté d’enjeux importants et constituait un retour en arrière sur de nombreux points[1]. Trois ans après, le bilan sur ce pacte reste très mitigé. Au lieu de reprendre ses alertes et analyses faites lors de la présentation des bilans lors des sessions de juin 2017 et 2018 [2], le groupe a préféré cibler 4 propositions fortes… malheureusement non entendues.

Sophie Bringuy a commencé son intervention en session le vendredi 21 juin en faisant un bref constat sur le Pacte :

  • Un exercice de bilan de l’ordre de l’auto-congratulation alors que le sujet mérite une évaluation sincère et un regard positivement critique. Le CESER regrette aussi le manque de lisibilité. Le groupe attend toujours la cartographie des projets financés pour s’assurer de l’équité territoriale des multiples mesures visant les communes.
  • Des mesures « éparpillées ». C’est le terme utilisé par le CESER. Le groupe utilise plutôt le qualificatif d’arrosage et de politique guichet.
  • Une animation du Réseau Rural Régional appréciée, qui devrait inspirer une évolution du Pacte pour prendre en compte les besoins identifiés.

Alors que le Pacte arrive à mi-parcours et que les attentes sont nombreuses, notamment en écho à la mobilisation des gilets jaunes, la majorité n’a fait aucune annonce concernant le Pacte, renvoyant cela à l’automne. Notre groupe a quant à lui travaillé sur quatre propositions pour prendre en compte des besoins importants identifiés :

  • Lancer une action volontariste pour la mobilité durable en campagne. Christophe Dougé a rappelé les amendements que nous avons portés en avril par une question orale. Réponse décevante de la majorité  : elle nous parle technologie verte, là où nous demandons des solutions alternatives concrètes qui répondent aux besoins des habitant-e-s. Elle refuse donc de s’engager pour un fonds mobilité durable permettant de soutenir les expérimentations sur les territoires et nous renvoie vers la future cellule d’appui régionale dédiée à la mobilité rurale créée avec le CEREMA et l’ADEME. Mais concrètement, une fois qu’une collectivité aura une jolie étude, qui financera la mise en œuvre ? La boîte à outils de la Région en matière de mobilité durable laisse vraiment à désirer…
  • Faire une évaluation sérieuse du Pacte pour la ruralité, sur la base d’un cahier des charge et d’indicateurs partagés, menée par un tiers et pourquoi pas une enquête qualitative auprès des destinataires du pacte, y compris les réseaux associatifs, les habitant.e.s, qui pour le moment n’en sont pas partenaires. Le Pacte s’adresse exclusivement aux élu.e.s.
  • Une réelle ambition pour les pratiques et la diffusion culturelle en ruralité. La veille, Laurence Garnier, vice-présidente à la culture, parlait du projet culturel pour la ruralité de la Région dont elle est fière : ce ne sont que 10 spectacles programmés par an ! Notre groupe demande un réel soutien au plus près des territoires.
  • Soutenir les innovations citoyennes, pour répondre à un besoin qui ressort des rencontres du Réseau Rural Régional et une priorité définie par son bureau élargi. Les acteurs et actrices de la ruralité demandent à la Région de soutenir les projets innovants, aussi ceux portés par des citoyen.ne.s. Nous portons depuis 2015 l’idée d’un appel à projets « Innov’ en campagne » [3]. Aucune réponse de la majorité sur ce point.

« Alors que d’autres Régions comme le Conseil régional du Centre-Val de Loire qui booste l’innovation en milieu rural avec l’appel à projet « A vos ID » ou le réseau Oxygène, la majorité en Pays de la Loire reste très classique », estime Sophie Bringuy. « Elle semble oublier l’importance du facteur humain, d’aider à libérer les énergies pour contribuer aux dynamiques locales. Financer des bâtiments c’est bien. Mais ça ne crée pas de nouveau souffle ».

[1] Voir l’intervention de Sophie Bringuy lors de la session du 23 juin 2016.

[2] Voir notre bilan à un an  et notre intervention à l’occasion du bilan à deux ans.

[3] Nous avions rédigé un amendement, jugé non recevable avec le Pacte n’était pas soumis au vote mais seulement présenté pour information. A lire ici.