[SESSION] Un green deal régional comme cap de sortie de crises
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La session du Conseil régional des Pays de la Loire des 9 et 10 juillet était la première « post-covid ». A l’ordre du jour de cette première séance plénière depuis plus de six mois : le débat et le vote du « plan de relance » proposé par la majorité régionale LR-UDI. Un plan de relance comme réponse régionale à la pandémie mondiale de Covid-19, dont les effets économiques et sociaux sont déjà perceptibles en Pays de la Loire.

Lucie Etonno, co-présidente du groupe Ecologiste et Citoyen, est d’abord intervenue pour tirer des premiers enseignements de cette crise : « Ce virus ne nous épargne rien, il est révélateur ou accélérateur de nos vulnérabilités sur le plan social, économique, démocratique, environnemental mais également d’un point vu plus personnel, sur nos failles relationnelles et affectives. Il nous interroge en tant que citoyen du monde sur ce que nous voulons réellement et ce que nous ne voulons plus. »

Pour la conseillère régionale, l’action publique doit soutenir une reprise économique qui répond à l’urgence sociale, écologique et sanitaire, tout en intégrant la culture du risque. Elle a donc rappelé la proposition des élu.e.s du groupe Ecologiste et Citoyen d’une grande alliance territoriale autour d’un « green deal » ou « pacte vert » régional. Les centaines de millions d’euros que vont mobiliser les collectivités et l’Etat en Pays de la Loire doivent en effet être clairement orientés vers des projets d’avenir, qui intègrent pleinement les enjeux sanitaires, climatiques, de biodiversité et de justice sociale.

Regarder un extrait de l’intervention de Lucie Etonno en vidéo:

 

Le plan de relance doit également s’ « insérer dans les limites du climat », comme nous rappelle le Haut Conseil pour le Climat qui a publié un rapport annuel inquiétant la veille de l’ouverture de la session, pointant le rôle clef des Régions dans la lutte contre le réchauffement climatique. Or, à la question de savoir si son plan répond aux défis climatiques et aux objectifs que la France s’est fixée lors de la signature des accords de Paris, la présidente du Conseil régional n’a pas souhaité répondre. Elle préfère nous opposer son « écologie positive » qui mise tout sur la « croissance verte », sans mise en cohérence globale des politiques publiques autour des enjeux de justice sociale et écologique.

Le plan de relance de la majorité régionale s’avère donc être une juxtaposition de nombreuses mesures, 145 au total, sans vision d’avenir, sans boussole. Plus de la moitié des mesures sont déjà existantes ou constituent des effets d’annonce, avec un fort affichage budgétaire. Le budget annoncé de 332M€ inclut ainsi les mesures d’urgences votées en mars (143 M€) ou des investissements qui auraient été présentés dans tous les cas à stade du mandat, comme le plan hydrogène (70M€ sur 10 ans). Autre exemple, la SEM croissance verte, le fonds énergies renouvelables ou le livret épargne populaire croissance verte sont annoncés depuis mars 2018 voire fin 2016.

De vrais choix et des orientations claires de la majorité régionale étaient attendus pour donner la direction d’une sortie de crise. Elle a plutôt décidé d’arroser tous azimuts sans donner de cap pour une relance qui prenne pleinement en compte les enjeux d’avenir. Ce faisant, elle n’améliore pas de manière structurelle notre résilience collective face à de futures crises. Il y avait pourtant urgence à redonner du sens, « cette boussole humaine qui nous permettra d’avancer vers un horizon résolument écologique et solidaire », comme l’a conclu Lucie Etonno. 

Pour aller plus loin : lire l’intervention complète de Lucie Etonno.